GSL-REGATE

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Décembre 2013

Dimanche 1 décembre 2013 - Grand Large - Régate des 10 miles de Noël

La régate est organisée par notre club partenaire : le CVLM (Cercle de Voile Lyon-Meyzieu) sur notre plan d'eau favori ; autant dire qu'on va évoluer dans notre jardin, sous le feu des projecteurs. Pression max.

Huit heures : réveil laborieux. Le ciel est gris et le froid glacial. Le genre de matin où il fait bon paresser sous la couette avant de petit déjeuner devant un bon feu de cheminée. Au lieu de ça, avaler une ration de combat d'un coup de lance pierres car la journée risque d'être longue et rien sous la main pour faire des sandwiches. Un reste de lasagnes avec un bol de thé font l'affaire. J'ai l'impression d'être en traversée et de finir mon quart de nuit en me régalant des restes du diner de la veille. Sauf qu'au lieu d'aller retrouver ma couchette je vais sauter dans ma salopette fourrée pour aller faire le zouave au milieu des icebergs. Ne pas y penser.

Arrivée au club : les équipiers sont là, le bureau des inscriptions est ouvert, et juste à côté, du café chaud, des croissants, des pains au chocolat et des gateaux maison ; ça va tout de suite mieux. La météo prévoit du petit temps et pas de pluie. Un peu frisquet mais finalement pas si mal. Au moins on pourra naviguer. La semaine dernière la régate des chataîgnes a été annulée pour cause de vent trop fort.

C'est parti. Enfin presque. On s'équipe : combi, vestes, bonnets, gants (tiens je n'ai pris que les mitaines ! bon, ben je vais probablement perdre quelques phalanges...) et bottes (tiens je les ai laissées dans la voiture hier soir, elles sont trempées et gelées ! bon, quelques orteils aussi....), gilets de sauvetage bien sur, répartition des postes et récupération du bateau à son mouillage, embarquer les voiles et gréer. Décidément, ça fait froid aux doigts.

C'est parti. Enfin presque. On largue l'amarre et on commence à hisser le foc en s'écartant du ponton. Tout d'un coup, la drisse mollit et le foc retombe sur le pont le long de l'étai. Tiens, bizarre, ça fait pas ça d'habitude. Lever la tête et se la gratter un peu. Ah oui.... on dirait que la manille ouvrante porte bien son nom. Elle s'est ouverte en arrivant en haut du mât. Cela ne nous fait pas vraiment rire parce que les autres bateaux sont déjà sur l'eau et le comité ne va pas tarder à envoyer la procédure. Autant dire que c'est mal barré pour prendre le départ. Courir sans foc ? Autant saborder tout de suite le bateau. Pas sur que son proprio apprécie cette sorte de hara-kiri que préconise le code d'honneur des samouraïs régatiers que nous sommes. Donc on décide finalement de revenir au ponton pour essayer d'aller attraper cette fichue drisse. On a déjà vu la technique qui consiste à faire pencher le bateau jusqu'à ce que le haut du mât soit suffisamment près du ponton pour attraper la manille mais deux tentatives ne laissent rien présager de bon. Ca risque trop de se terminer dans l'eau. Si Lamanille ne vientàtoi, tu iras à Lamanille. On attache un équipier à la drisse de spi et on le hisse au winch. Plus exactement il se débrouille comme il peut pour monter le long du mât et on avale le mou au fur et à mesure. La peur donne des ailes mais n'évite pas le danger. Donc il fait gaffe et ça se passe bien. Il redescend fissa, la drisse de foc entre les dents. On remet tout en place, cette fois on ferme la manille comme d'habitude, c'est à dire qu'on la ferme et qu'on la vérifie.

Et c'est parti. On arrive sur zone juste à temps pour le départ et on ne s'en sort même pas mal du tout. Plutôt que de jouer des coudes pour essayer de partir au ras du bateau comité, on s'écarte du paquet et on passe la ligne bien lancés, dans les cinq secondes du top. On n'est pas au plus près de la ligne idéale mais on est dans les premiers. Bonne stratégie ! On  fait nos bords de près proprement, et on optimise le dernier virement pour enrouler la bouée en engrangeant le bénéfice de notre bon départ. Ca loupe pas, on a viré trop tôt, on est trop près du vent, on dérive, on passe miraculeusement la première bouée mais on se retrouve scotchés et la moitié de la flotte nous repasse devant. Heureusement on se refait la cerise sur le bord de vent arrière avec de belles manoeuvres de spi et des empannages bien propres. Au final on est plutôt contents quand même.

Deuxième manche, encore un parcours banane. Cette fois, on est prêts, on observe la ligne, on la longe, on chronomètre, on prend les relèvements. On applique la même taquetique qu'à la première manche : on reste vers le milieu de la ligne. Malheureusement on est juste bien trop loin quand le coup de trompe est envoyé. On passe la ligne bien lancés sans être gênés par les concurrents qui ont cherché la ligne idéale au ras du comité. Dommage qu'on la franchisse trente secondes après tout le monde. On est dans les derniers. On ne suit pas les autres qui se marquent tous. On tire un long bord vers le nord du plan d'eau, dans une bonne petite brise. Les règlages sont au poil, le bateau bien calé, gité juste comme il faut, on avance bien ; un seul virement pour revenir directement vers les bouées et c'était la bonne option ; on a refait notre retard ; encore de bons bords en vent arrière avec des manoeuvres de spi qui tournent et au final on se retrouve à l'arrivée bord à bord avec un corsaire qui d'habitude nous laisse loin derrière et largement devant un deuxième corsaire ! Là, on est carrément contents.

Troisième manche ; on joue le départ et on se rapproche du bateau comité ; à trente secondes on fait demi tour pour partir en tribord mais là... funeste hésitation, on joue petit bras et au lieu de virer pour aller chercher le trou de souris au plus près du comité (juste derrière notre ami le corsaire), on empanne et on se retrouve loin sous la ligne et en plus gênés par un concurrent moins rapide mais prioritaire (mieux placé) et qui nous empêche de rester lancés sur notre meilleur cap. Damned ! Il y a des moments où on aimerait renouer avec la grande tradition du combat naval, de l'abordage, de l'éperonnage. Mais ça risquerait de se voir alors on ronge notre frein. Pour finir on touche la bouée au vent après avoir encore une fois viré trop tôt et on se tape un 360 pour réparer la faute. Heureusement qu'on continue à spier proprement, ce qui nous permet de limiter les dégâts. Mais là, on est moins contents.

Fin d'après midi dans la pétole, le ciel s'est dégagé et le Grand Large nous offre quelques images dont il a le secret : les voiles illuminées par les rayons de soleil rasants, les reflets sur l'eau, les spis chatoyants. Tiens, j'ai même encore tous mes doigts !

Retour au bercail, le bateau est amarré à son mouillage, les voiles sont rangées. Nous nous dirigeons en devisant gaiement vers le Yacht Club où va se dérouler le cocktail de clôture. Enfin, plus exactement on retourne à l'algéco du CVL pour voir les classements. Tiens, les tables sont dressées et le comité est déjà installé. Pas devant les tableaux de chronométrage. Non, devant de bonnes assiettes de choucroute. Ben quoi ? il est quatre heures de l'après midi et il en reste de l'Assemblée Générale d'hier soir. On ne se fait pas prier . Tout le monde a droit à sa ration, avec bière ou vin blanc, fromage, tarte au pommes, café. Pour les résultats, on verra après ! Y'a quand même des priorités dans la vie. Elle est succulente. On reviendra, c'est sûr !

 

 Les résultats officiels de notre classe sont  : ici

 

 



01/12/2013

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